809. Francouzsky s Irénou. Z románu Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Audio. B2+

Bonjour,

Avant de vous inviter à lire ce petit extrait, il vaudrait mieux vous écrire quelques mots sur l’histoire du roman d’Anthony Doerr Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Pendant la Seconde Guerre, nous suivons le destin des deux personnages. Marie-Laure, une jeune aveugle, s’est réfugiée chez son oncle Etienne à Saint-Malo. Werner, un orphelin doté de transmissions électromagnétiques, s’est fait exploiter par la Wehrmacht afin de démanteler la Résistance. Un lien dont ils ignorent l’existence, les unit. En lisant cette œuvre d’une beauté rare, on croit comprendre son message: Même dans des situations pénibles, il ne faut jamais baisser les bras. Je vous souhaite à tous beaucoup de courage, de la bonne santé, de l’amour et de la lumière pour mieux traverser cette période particulière. Je pense à vous très fort. Tenez le coup et prenez soin de vous et de vos proches.

Je vous embrasse, Iréna

Toute la lumière que nous ne pouvons voir. Extrait du roman.

Quelqu’un dans la maison.

Partie 1

Une présence, un souffle. Marie-Laure se projette par la pensée dans l’entrée, deux volées de marches plus bas. Le portillon à l’extérieur grince, puis la porte d’entrée se referme.

Il y a quelqu’un dans la maison.

Tout en elle se hérisse.

Etienne sait qu’on fait ainsi tinter la clochette. Il se serait déjà annoncé.

Bottes dans l’entrée. Des fragments d’assiettes craquent sous des pas.

Ce n’est pas Etienne.

Sa détresse est telle que c’en est presque insoutenable. Elle s’efforce de se calmer, de se concentrer sur l’image d’une flamme brûlant à l’intérieur de sa cage thoracique, un escargot rétracté dans les spires de sa coquille, mais son cœur cogne et elle se demande tout à coup si, depuis le vestibule, on ne peut pas voir jusqu’au second étage. Elle se rappelle son grand-oncle disant qu’il faudrait se méfier des pillards, et l’atmosphère est pleine de petits bruits fantômes. Elle se voit fonçant dans la salle de bain, ici au deuxième étage, et se jetant par la fenêtre.

Partie 2

Bottes dans le hall. Un fragment d’assiette qu’on écarte du pied. Un pompier, un voisin, un soldat allemand en quête de nourriture ?

Un sauveteur aurait appelé. Il faut bouger. Il faut se cacher.

Les pas vont vers la chambre de Mme Manec. Lentement. Il fait peut-être sombre. Serait-ce déjà la nuit?

Elle a sa canne, le manteau d’Etienne, les deux bocaux, le couteau, la brique. La maison miniature dans sa robe. Le diamant à l’intérieur. De l’eau dans la baignoire sur le même palier.

Vas-y.

Une casserole ou une poêle, qui avait dû se décrocher au moment du bombardement, tinte sur le carrelage de la cuisine. Il sort de la cuisine, revient dans le vestibule.

Debout, et vite.

Elle se relève. De sa main droite, elle trouve la rampe. Il est au pied de l’escalier. Elle manque pousser un cri. Mais c’est alors qu’elle la reconnaît, au moment où il pose le pied sur la première marche — cette lenteur-là. Cette démarche. L’Allemand qui boitait, à la voix éteinte.

Vas-y.

Marie-Laure se force à gravir chaque marche. Heureusement qu’elle est en chaussettes. Son cœur bat si fort qu’elle a l’impression qu’on peut l’entendre.

Troisième étage. Tout doux. Quatrième. Sur le palier du cinquième, elle s’arrête sous le lustre et tend l’oreille. L’Allemand monte trois ou quatre marches et fait une brève halte, hors d’haleine. Puis il reprit.

(Anthony Doerr : Toute la lumière que nous ne pouvons voir, traduit par Valérie Malfoy, Ed. Albin Michel 2015.

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