511. Francouzská četba. La Maison. Nouvelle fantastique. Audio. A2.

LA MAISON

Il y a deux ans. Quand j’ai été si malade, j’ai remarqué que je faisais toutes les nuits le même rêve. Je me promenais dans la campagne : j’apercevais de loin une maison blanche, basse et longue. A gauche de la maison, il y avait un pré et des tilleuls.

Dans mon rêve, j’étais attirée par cette maison et j’allais vers elle. Une barrière peinte en blanc fermait l’entrée. Ensuite on suivait une allée. Cette allée était bordée d’arbres. Ensuite on se trouvait à quelques pas de la maison.

La maison de pierre blanche portait un toit d’ardoises. Je souhaitais visiter cette maison, mais per­sonne ne répondait à mes appels. J’étais profondément déçue, je sonnais, je criais, et enfin je me réveillais.

Tel était mon rêve et il s’est répété, pendant de longs mois. La maison est devenue mon obsession.  Quand j’ai appris à conduire une petite voiture, j’ai décidé de passer mes vacances sur les routes de France, à la recherche de la maison de mon rêve.

Un jour, comme je traversais une vallée voisine de l’Isle-Adam, j’ai senti tout d’un coup un choc agréable, cette émotion curieuse que l’on éprouve lorsqu’on recon­naît, après une longue absence, des personnes ou des lieux que l’on a aimés.

Même si je ne suis jamais venue dans cette région, je connaissais parfaitement le paysage qui s’étendait à ma droite. Des cimes de peupliers dominaient une masse de tilleuls. A travers le feuillage on devinait une maison. Alors, j’ai été sûre d’avoir trouvé le château de mes rêves. Je n’ignorais pas que cent mètres plus loin, un chemin étroit couperait la route. Le chemin était là. Je l’ai pris. Il m’a conduite devant une barrière blanche.

Je suis arrivée devant la porte. Je suis sortie de ma voiture, j’ai monté rapidement les marches et j’ai sonné.

J’avais très peur que personne ne réponde, mais, presque tout de suite, un domestique a paru. C’était un homme au visage triste, fort vieux et vêtu d’un veston noir. En me voyant, il a paru très sur­pris, et m’a regardée avec attention, sans parler.

– Je vais, lui dis-je, vous demander une faveur un peu étrange. Je ne connais pas les propriétaires de cette maison, mais je serais heureuse s’ils pouvaient m’autoriser à la visiter.

– Le château est à louer, Madame, dit-il comme à regret, et je suis ici pour le faire visiter.

– A louer ? dis-je. Quelle chance inespérée !… Comment ! Les pro­priétaires eux-mêmes n’habitent-ils pas une maison si belle ?

– Les propriétaires l’habitaient, Madame. Ils l’ont quittée depuis que la maison est hantée.

– Hantée ? dis-je. Je ne savais pas que, dans les provinces françaises, on croyait encore aux reve­nants …

– Je n’y croirais pas, Madame, dit-il sérieusement, si je n’avais moi-même si souvent rencontré dans le parc, la nuit, le fantôme qui a mis mes maîtres en fuite.

– Quelle histoire ! dis-je en essayant de sourire.

– Une histoire, dit le vieillard d’un air de reproche, dont vous au moins, Madame, ne devriez pas rire, puisque ce fantôme, c’était vous.

André Maurois. Dans Toujours l’inattendu arrive, version simplifiée pour les besoins de ses étudiants par Iréna Czuchova.

Version originale la maison

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